C'est fini. Me revoila en France. Cela fait plus de 2 semaines que j'essaie d'écrire nos dernières aventures avec Nelly, à Goa puis Bombay...Mais puisque le but du blog était de donner de
mes nouvelles pour combler la distance -et rassurer ma mère, il n'y a plus d'intérêt à ce que je raconte ma vie maintenant que je suis là...
Alors j'ai revu Paris. Je m'étais juré de ne plus regarder cette ville depuis des yeux blasés, mais avec curiosité et appétit, de redécouvrir la capitale qui apparaissait si splendide à mes
amis indiens. Et pourtant, en moins d'une semaine, je m'énervais contre la boulangère qui discutait avec le client devant moi, stressais dans le métro qui restait bloqué 2 minutes et passais
devant la tour Effel sans lui prêter la moindre attention.
Difficile de raconter en 2 phrases ces 4 mois. A ceux qui me demandent comment c'étais, je lance des "incroyable...des moments géniaux, des moments durs, on a fait le tour de l'Inde..."
Mais déjà ce pays me manque, m'échappe et s'éloigne vers l'imaginaire à mesure que j'en parle.
‘J’adore ce pays, ces couleurs, c’est magnifique !’ Nelly s.est enflamée un peu trop vite. Elle ne sait pas que le Kerala que nous quittons est l’Inde developpée, l’Inde
cultivée riche et eduquée. La petite dechante en arrivant a Mysore. Il faut dire que sa peau blanche attire tous les regards, qu’elle trouve d ‘un coup plus noirs, plus insistants, plus
oppressants. Posées devant le colossal et sublime palais du Maharaja, elle tente de dessiner la beauté du decor. Mais a peine a-t-elle sorti son crayon, qu’une meute
de touristes indiens se concentrent autour de ma frisée, admirent et commentent son travail, jusqu’a completement lui cacher sa vue.
Au zoo de Mysore, nous espérons trouver un peu de tranquilité, mais nous sommes plus photographiées que les tigres du Bengale. Nelly a besoin d’air, elle commence a etre nerveuse. Nous tombons
par hasard sur un parc d’attraction desert et chaotique. Il est fermé au public, mais pour quelques roupies, le policier veut bien nous laisser entrer.Nelly se prend pour une photographe et
investi le parc ou elle prend des photos ‘experimentales’ assez loufoques. Quel bonheur d’etre enfin seules ! Nous partons du
tumulte de Mysore pour le calme d’Hampi. Une étape a la gare de Bangalore nous rappelle combien nous sommes différentes, blanches et riches. Nous suffoquons 2 heures sur le quaie surbondé,
sale, rempli de monstres du genre humains, ceux que la medecine indienne n’a pa pu sauver de la malformation, de l’amputation ou de l’infection pustulaire.
Enfin nous apercevons le paysage
insolite et grandiose d’Hampi. Jamais de ma vie je n’aurai pu imaginer un tel endroit, ni meme rever d’un lieu plus incroyable. Il faut le voir pour le croire. Meme les décors dingues de Dragon
Ball ne peuvent egaler la folie d’Hampi. Entourée de rochers, de lacs et des vestiges d’une ville sacrée, Hampi est chargée d’histoire. Plus impressionnante que Pompei, ses ruines s’etendent
a perte de vue et ravivent l'instant des fetes sacrées au rythme des processions magiques. Une promenade de 4 heures au beau milieu de ce qui fut la capitale d’un empire au 16 eme
siecle, nous plongea dans un reve. Les bazards de pierres precieuses, les marchands venus d’iles lointaines, les danseurs, bouffons et fanfarons imaginaires nous sacraient princesses
zaguryennes.
Amy est partie. C’est dur. En face to
face avec nelly. Elle compte sur moi pour la rassurer mais je n’ai pas la confiance d’Amy avec les indiens...L’angoisse est d'autant plus grande que nous quittons la cote pour la montagne, le
soleil pour la pluie, la détente pour la course. Une étape de 5 heures a Coimbatore plante le décor : arnaques et mendiants dans la nuit noire. Le train est en retard de 2 heures, nous prenons
donc un bus pour Metalapullam. De la, le ‘toy train’ est pret pour 5 heures de voyage en montagne. Ce train miniature qui marche encore a vapeur passe par des falaises et croise des chutes d’eaux
impressionnantes.
Le voyage aurai pu etre génial si le vent et la pluie glaciale ne nous avait pas frigorifié. Les fenetre grandes ouvertes, le toy train tombe en panne et nous
restons bloquées 2 heures au milieu de nulle part, en altitude. Apres 7 heures de charmant voyage, nous arrivons trempées a la guest house d’Ooty, qui double ses prix. Au coin du feu, des
israeliens fraichement sortis de l’armée et une autrichienne de 28 ans en quete d’elle meme, animeront notre soiree. Le lendemain, le mauvais temps devenant deluge, nous prenons le bus a la
premiere heure pour retrouver un peu de chaleur vers Mysore
A
peine debarquée de france, ma sœur deboule avec toute la fraicheur de paname : stress, blancheur et fatigue. La pauvre petite a deja gouté aux joies de l’Inde quand un taxi lui a extorqué 20
euros pour une course de 3 minutes entre 2 aeroports.
temps de souffler et prenons l’avion pour
Trivandrum.Arrivées minuit, nous foncons droit vers Kanyakumari, extreme sud de l’Inde, la pointe du sous continent, pour savourer un levé du jour
unique au monde. Les 3 bouclées s’extasient devant un spectacle surrealiste. Depuis toute l’ Inde les pelerins affluent pour prier la ou se melent l’ocean
indien, les eaux du golf du bengale et la mer d’Oman. Nelly ne perd pas le Nord pour autant, elle déniche des perles naturelles et se fait confectionner une parure somptueuse pour quelques
roupies. Ce n’est qu’ une mise en bouche. Le train nous attend pour Varkala...les falaises impressionnantes offrent un decor fabuleux tandis que nous degustons un poisson grille. Ma
chercheuse d’or frétille devant des boucles d’oreilles anciennes en pierres semi précieuses. C’est parti pour 2 heures de négociations tendues et de debats tumultueux. Le bijoutier est dur en
affaires, les sœurs Zagu aussi. Dans la penombre de cette caverne d’Alibaba, notre sens du business atteint son apogee quand, autour d’un cigare, nous convenons d’un prix plus que raisonnable
pour des bijoux a la beauté indécente.
A
Allepey nous sommes abordées par les ‘djeuns’ de la ville qui nous convient avec insistance a ‘the island party’, une soirée sur une ile...Amy semble confiante et nous rassure,‘ au pire on
plonge si c’est pas genial’. Et c’est genial. Sur du bon son hindi nous savourons du poulet masala en buvant des cocktails exotiques. L’ambiance est cosmique sur cette ile minuscule dont on
fait le tour en moins d’une minute. Eclairés par les etoiles, les touristes des 4 coins du mondes se melent aux jeunes indiens.
Si d'autres retiennent de l'Inde le Taj Mahal, moi je ne vois que cette lumiière orange traverser les arbres sur une route poussièreuse faisant danser des silhouettes fantômes.
« Il lui suffit de cligner de l’œil pour que les femmes succombent. Alors que le président
français doit faire face aux grèves des chemineaux, c’est son pouvoir de séduction qui tient le public en haleine. L’hyperactif de 52 ans fait du rentre dedans à la journaliste et chanteuse
bosniaque, Tika Milinovic… »
L’immense star
indienne au nom invraisemblable, Shahrukh kahn, (qui se prononce « charoucane ») est à l’affiche depuis plus de 3 semaines. Le blockbuster bollywoodien envahi tout le
pays. La bande originale du film est déjà partout numéro 1 et il ne se passe pas un jour sur notre campus sans qu’on entende chanter « Om shanti Om ». Je le confesse, je suis moi-même
une grande fan. Fraîchement arrivée dans le club des bollywood addict, je n’ai qu’un mot (ou qu’un son) à bouche: charoucaaaaaaaaaane !
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